Chapitre Deux
Il vaut mieux escompter le pire. Nous n'aurons plus que de bonnes surprises.
[Claude Aveline]
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On frappa à la porte. Dans un même mouvement, Edward soupira, baissa la musique et enfila un tee-shirt avant de lancer un « entrez » las. La bouille d'Alice apparut, un petit sourire au coin des lèvres.
- Alors, on fait son insociable ?
Edward grogna. S'il avait su déceler cette discussion dans l'esprit de sa s½ur, il ne lui aurait certainement permis d'accéder à sa chambre. Malheureusement, ce petit air entêtant qu'elle s'acharnait à siffloter était un excellent bouclier protège-pensées. S'étant levé par réflexe, il se laissa tomber sur le divan. Alice, sautillante, vint le rejoindre. Un petit silence s'installa entre eux. Edward se refusait à prendre la parole, que ce soit pour répondre à la question qu'elle venait de lui poser ou pour engager la discussion. Il sentait que la présence de sa s½ur n'annonçait rien de bon. Il n'avait pas tout à fait tord.
- Edward... Il faut qu'on discute un peu. Je sais que tu n'en as pas très envie, mais je pense que c'est important.
- D'accord, lâcha Edward à contre c½ur. De quoi veux-tu parler ? Je suis tout ouï.
- En fait, en ce moment, on trouve que...
- « On » ?? L'interrompit Edward. C'est à dire ?
- Je... Je viens de la part de toute la famille. Ils ont pensé que j'étais la mieux placée pour t'aider. Tu sais, nous ne sommes pas aveugles, on sent bien qu'il y a un problème. Que se passe-t-il Edward ? En ce moment, on dirait que tu fuis notre compagnie. Tu chasses seul, tu vas et viens par ta fenêtre, comme pour éviter de nous croiser dans un couloir ou le salon. Il y a un souci ? Tu sais que tu peux m'en parler, que tu peux avoir confiance en moi. Tu peux TOUT me dire.
Il se mordit la lèvre. Ainsi, son petit jeu n'avait laissé personne indifférent. Tous avaient remarqué son manque de bonne humeur et d'esprit familial ces derniers temps. Quel crétin, comment avait-il pu penser leur échapper ? Six vampires l'entouraient en permanence et le guettaient de leurs prunelles infaillibles. Il n'avait aucune chance.
Autant dévoiler la vérité. En partie...
- C'est juste que je me sens un peu... Seul, répondit-il en choisissant chacun de ses mots avec précaution.
Alice tiqua. Elle ne s'attendait pas à cette réponse.
- Cela n'a rien à voir avec nous alors ?
- Avec vous, demanda Edward, surprit.
- Oui, on se demandait si tu n'en avais pas assez d'être à nos côtés. On se demandait si tu ne souhaitais pas partir, répondit-elle avec une pointe de tristesse dans la voix.
- Partir ?? S'exclama Edward. Mais certainement pas ! Je vous aime, vous êtes ma famille et je ne vous quitterai pour rien au monde, même si parfois je vous trouve plus qu'agaçant, précisa-t-il dans un sourire. Il passa son bras autour de l'épaule d'Alice, l'attira à lui et déposa un baiser sur son front. Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre...
- Je suis désolée Edward, mais je ne savais plus quoi penser. Alors, comme ça tu te sens seul ? Et ta solution à toi c'est d'être encore plus seul, j'ai bien compris ?
- Ce n'est pas si simple... Enfin bref, je n'ai pas vraiment envie de parler de tout ça. Et si on allait se joindre aux autres ? Je les entends, ils se rongent les sangs !
Edward était dans le canapé. Rassurer sa famille n'avait pas été une si mince affaire. Ils étaient persuadés que le jeune vampire voulait vivre sa propre vie loin d'eux. Edward avait usé de tous ses talents de persuasion pour leur prouver le contraire, grandement aidé par Jasper, qui avait détendu tout le monde en quelques secondes.
Edward regrettait. Il s'était comporté stupidement. Il ne pouvait pas reprocher à sa famille d'être en couple, c'était insensé et terriblement égoïste. Ce n'était pas de leur faute après tout.
C'était par contre certainement celle d'Edward par contre. En effet, il avait, il y a quelques années, repoussé les avances d'une des siens, une vampire nommée Tanya. Plus il y repensait, plus il se disait qu'il avait sûrement fait une bêtise. Après tout, l'amour commençait peut-être comme ça ? N'y connaissant rien, tout était envisageable. Il y réfléchirait.
En attendant, il fallait rattraper le coup. Alors il était là, en train de regarder un match de baseball, coincé entre Emmet et Jasper, Carlisle pas très loin, et tentait d'apprécier l'instant. Il y arrivait presque. Comme quoi, il suffisait de se forcer un peu, et tout repartirait.
Brutalement, une odeur inconnue lui parvint. Les trois vampires l'entourant tournèrent la tête en même temps que lui en direction de la porte et se levèrent d'un bloc. En un battement de cil, Alice, Rosalie et Esmée furent là. Tous faisaient face à l'entrée.
Quelle était cette odeur si étrange ? Une odeur de terres inexplorées, une odeur de brûlé, comme un feu ardent dans l'air. Une odeur d'animal et de fleurs. Une odeur douce et puissante à la fois, dangereuse et envoûtante...
- Alice ? Appela Esmée.
- Je ne vois rien, souffla le petit lutin, le visage encore plus pâle que d'habitude, les yeux grand ouverts devant son ignorance.
- Edward ? Rebondit Jasper.
- Je n'entends rien, lâcha-t-il en serrant les dents. Il y a quelqu'un ou quelque chose derrière cette porte qu'il m'est impossible à cerner.
Le silence reprit. Seconde après seconde, l'air se chargeait davantage de ses effluves si puissantes.
- Un Quilleute ? Questionna Rosalie.
Carlisle fit non de la tête.
- Un vampire alors ?
Non plus. Et pourtant... Pourquoi pas ? Il y avait une légère brise vampirique qui flottait dans l'atmosphère. C'était insaisissable.
Carlisle fit quelques pas et se posta devant l'entrée. Aussitôt, les six autres vampires se mirent en position d'attaque. Quoi que ce soit, il fallait protéger la famille, coûte que coûte. C'était la priorité.
D'un geste vif et contrôlé, Carlisle ouvrit la porte. Ce qu'ils virent les laissa bouches bées.
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